Premier bilan pour le Collège national des opticiens de France

Un an après sa création, le Cnof a profité du Silmo pour dresser son premier bilan et parler d’avenir, avec en toile de fond, une réflexion sur le rôle de l’opticien de demain.

La formation au cœur des problématiques
La technologie avance et les professionnels doivent faire face aux défis que cela implique. Pour être prêts, les opticiens doivent donc être formés à ces nouvelles techniques. Pour conserver cette filière d’excellence dans le futur, le Cnof travaille notamment en collaboration avec les professionnels et étudie les formations dispensées en Europe. Il livre une première réflexion sous forme de « recommandations pour la réorganisation de la formation de l’opticien de santé en France » dont les grandes orientations sont :
– Formation en trois ans (grade de licence)
– Rattachement à l’université
– Intégration des formations de santé existantes
– Reconnaissance d’éducateur en santé
– Référentiel national en trois ans
– Réingénierie des contenus de la formation
Un document de synthèse sera remis à des enseignants et à des professionnels pour validation et proposé au ministère de la Santé.


D’autres projets en cours

Le Cnof travaille également sur :
– L’orientation du DPC (Développement professionnel continu, obligatoire pour tous les professionnels de santé) avec des modules de réfraction complexe, contactologie, basse vision, vision de la personne âgée et vision de l’enfant.
– La place de l’opticien dans la filière visuelle
– Le mode d’exercice de la profession (salarié, libéral, autre)
– Les normes et tests d’aptitude visuelle des conducteurs
– La création et l’actualisation d’ouvrages de référence pour la formation professionnelle
– La mise à disposition d’outils professionnels (rhinomètre, céphalomètre…)

La volonté du Cnof est clairement de revenir aux fondamentaux et aux compétences de base des opticiens. Pour cela, il souhaite remettre l’accent sur le côté technique du métier plutôt que commercial. Pierre Guertin, président du Collège, souligne ainsi que « si nous voulons être considéré comme des professionnels de santé, il nous faut des compétences en santé. »

Le marché de l’optique européen stable selon GFK

A l’occasion du Silmo, l’institut GFK a dévoilé les tendances des quatre marchés clefs de l’optique en Europe (EU4) : Italie, France, Espagne, Allemagne. Le chiffre d’affaires du secteur atteint 8,9 milliards d’euros au premier semestre 2017, restant quasiment stable à -0,3%.

Baisse d’activité pour la France et l’Italie
Les données GfK révèlent une tendance positive des marchés en Allemagne et Espagne (respectivement +2.5% et +3.5%) quand la France et l’Italie affichent une baisse de leur activité (-3.1% et -1.5%). La dynamique allemande est portée par la croissance des montures optiques et verres correcteurs (respectivement +3.6% et +2.7%), les lentilles de contact et les solutions d’entretien sont stables et les solaires en baisse. En Espagne, schéma différent : la croissance du marché vient des lentilles de contact qui affichent +6,9% de progression, comme les solutions d’entretien. Enfin, en Italie, le marché enregistre une baisse de -3,1% sur les montures solaires et de -3,5% sur les verres correcteurs. Seule la dynamique positive des montures optiques à +3.2% atténue la tendance négative enregistrée sur la région.  Comme l’a souligné Gianni Cossar, Global director Optics et Eyewear chez GFK, « Le marché a bénéficié d’une dynamique positive ces dernières années, en concentrant son activité sur ses produits phares : les verres. Ce segment a tiré la croissance de toute l’industrie, grâce à de l’innovation permanente et une intégration verticale côté fabricants et distributeurs. »

Baisse du segment verres correcteurs
Le marché des verres correcteurs est le plus gros segment de l’optique, générant 58.7% de la valeur du marché de la zone EU4. Il affiche une diminution de 1.1%, qui est en partie dû au changement de législation en France (marché qui représente 37% du chiffre d’affaires optique en Europe, toutes catégories confondues). La baisse des verres correcteurs est compensée en partie par la hausse légère du marché des montures optiques (+1.2%), lesquelles contribue à 22,6% du CA Optique. Les solaires représentent 9.6% du marché en valeur, en légère baisse (-1.1%). Enfin, le cumul des segments lentilles de contacts et solutions d’entretien pèsent 9% du marché, en croissance continue (+1.4%).

Un marché français à la peine
Les données GfK révèlent un marché français de l’Optique en baisse de 3,1% au 1er semestre 2017, valorisé 3,3 milliards d’euros. « Le marché commence à être impacté par la législation d’avril 2015, qui a espacé les modalités de remboursement en cas de changement de lunettes, explique Emilie Gros, Business Director Optique-GfK France. Ainsi, le délai entre deux achats s’allonge et impacte concrètement à la baisse les segments des verres correcteurs (-4,8%) et des montures (-0.7%) sur le 1er semestre 2017. » Les montures représentent 1/3 du CA optique en France et Emilie Gros précise : « la concurrence est forte et s’accentue : nous avons ainsi identifié plus de 1 400 marques sur le marché (hors marques distributeurs et exclusivités) alors que le marché est en repli. Cependant, nous restons optimistes car certaines marques affichent des performances très positives. »

Les créateurs performants
GfK a révélé lors du Silmo, une nouvelle segmentation de marque, qui offre aux fabricants et distributeurs une vision claire de la structure du marché. Cette segmentation a abouti à la définition de 10 typologies. Les premières conclusions indiquent qu’entre janvier et août 2017, les marques de créateurs affichent la meilleure performance (+4,4%). Les « Pur Optique » continuent à croître (+4,1%) et sont le plus gros segment du marché (32%) tandis que les marques Sport sont légèrement en hausse (+0.2%).

 

Baromètre Supercent : les Français plébiscitent les indépendants

Le cabinet d’étude Qualiquanti, en collaboration avec Supercent, publie les résultats annuels de l’Observatoire « Les Français et l’Optique ». Cette deuxième édition fait apparaître une défiance vis-à-vis des réseaux de soins et un plébiscite des opticiens indépendants.

Réalisée en juin 2017 auprès de 1000 personnes, l’étude apporte un éclairage sur les évolutions de consommation des Français et sur un parcours de soins de plus en plus long et opaque. Elle met notamment en avant la recherche de conseils et de proximité des consommateurs auprès de leur opticien.

Un problème de santé publique

Selon le baromètre, 50% des Français portent des lunettes qui les gênent, soit une augmentation de 14% par rapport à 2016. Ils sont 45% à déclarer avoir des difficultés à lire malgré le port d’une correction visuelle. Cependant, 43% reportent l’achat de lunettes alors qu’ils en ressentent le besoin. Cette situation est liée, selon Supercent, aux récents changements de législation qui imposent un remboursement d’équipement tous les deux ans. En parallèle, un parent sur deux juge anormal que le remboursement des lunettes pour enfants soit limité à une fois par an. Stéphanie Dangre et Jérôme Schertz, PDG, co-dirigeants de Supercent, s’inquiètent de cet état de fait ainsi que des délais d’obtention de rendez-vous chez l’ophtalmologiste. Ils pointent aussi « une corrélation entre la gêne visuelle ressentie par les Français et le développement des réseaux de soins, dont la pression sur les prix impacte la qualité de la prestation ».

Plus de transparence dans les remboursements

Supercent souligne que le développement des réseaux de soins a amené une diminution de la qualité de la prestation visuelle, le remboursement prenant le pas sur le choix éclairé de la monture et des verres. « Les réseaux orientent les choix de certains Français vers des opticiens et des produits présélectionnés. Une situation au détriment des consommateurs qui se voient dirigés vers des magasins et des équipements qui ne leur conviennent pas forcément ». Sept Français sur 10 souhaitent davantage de transparence et de simplicité dans les remboursements optiques. Seuls 45% d’entre eux connaissent leur taux de remboursement. Ils sont 65% à ne pas souhaiter suivre les recommandations de leur mutuelle dans le choix de leur opticien.

L’opticien synonyme de proximité et de conseil

Deux Français sur trois considèrent que la qualité de leurs lunettes dépend de l’opticien et que la prestation de ce dernier représente 41% du prix de l’équipement. Les consommateurs recherchent en priorité la disponibilité et la proximité, un large choix de produits et un professionnel de santé. Des qualités qu’ils trouvent, selon le baromètre, chez les indépendants. Le taux de « tout à fait satisfait » est de 72% (+17 points par rapport à 2016) chez ces derniers contre 53 % du côté des enseignes. Le taux de fidélisation est d’ailleurs de 65% chez les indépendants contre 40% pour les enseignes. Un résultat qui réjouit Stéphanie Dangre et Jérôme Schertz : « 76% des personnes interrogées estiment que nous passons plus de temps à les conseiller et à les accompagner qu’une boutique sous enseigne ».

Lettre ouverte des Opticiens de Savoie

L’association poursuit son combat pour la liberté de la profession avec la publication d’une lettre ouverte et la mise en ligne d’un film illustrant les problèmes actuels liés aux réseaux de soins.

Juste avant le Silmo, les Opticiens de Savoie souhaitent ainsi partager leurs actions avec leurs confrères. Objectif: que ces actions locales inspirent les opticiens afin qu’ils se sentent « acteurs du mouvement en cours ».

Des actions concrètes

Les opticiens de Savoie ont notamment été reçus par les inspecteurs de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) lors de la rédaction du rapport sur les réseaux de soins (voir notre article: http://optiquemag.fr/rapport-mitige-de-ligas-reseaux-de-soins/). Ils ont pu expliquer en détail leur propre rapport « retour d’expériences » et le remettre à la mission en main propre.  Au vue des conclusions de l’Igas, cette rencontre a été concluante.
Des réunions locales ont eu lieu et aucun des opticiens savoyards n’a fait marche arrière dans son processus de réaction face aux réseaux de soins. Par ailleurs, chaque ophtalmologiste du département a été informé des actions et des motivations de l’association et y a apporté son soutien.
Une procédure a également été engagée auprès du Tribunal de commerce et de la DGCRF par un opticien de Savoie pour faire respecter le droit du commerce et du consommateur face à une mutuelle.

Enfin, les opticiens de Savoie partagent, sur leur site, un film explicatif à destination des opticiens et des consommateurs.
Pour le visionner:
https://www.youtube.com/watch?v=wajF9c3GE2M

Le Gifo salue la publication du rapport de l’Igas

La nouvelle plateforme de formation digitale de Luxottica

[vc_row][vc_column][vc_column_text]C’est un projet pionnier dédié au monde de l’optique. Son nom : Myluxacademy. C’est une plate-forme numérique dédiée à la formation en ligne. Elle fournit aux opticiens des mises à jour de contenu de produits. Les professionnels ont accès à un catalogue de cours en ligne avec des modules pratiques sur les marques et les collections. Certains modules expliquent, par exemple, les techniques de vente ou  la création de lunettes.

Pour y accéder :

à partir de My.Luxottica.com, cliquez sur la case MyLuxAcademy. 

 

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La Fnof s’oppose à Itelis

La Fédération Nationale des Opticiens de France s’insurge contre « une convocation à une réunion de travail avec les dirigeants du réseau Itelis ».Le syndicat indique ne pouvoir accepter, aussi bien sur le fond que sur la forme, d’être convoqué à une réunion dont l’ordre du jour est imposé. Il dénonce également la demande d’Itelis aux participants de signer un accord de confidentialité. Alain Gerbel, président de la Fnof, estime qu’Itelis impose ainsi une loi du silence, puisqu’elle lui interdit d’informer ses adhérents de ce qui se dira lors de cette réunion. Il va plus même plus loin : « Le climat délétère, les provocations répétées de la part des instigateurs de cette réunion, ne permettent pas à ce jour d’organiser la moindre rencontre. » Pour lui, Itelis s’en prend clairement au droit syndical.

La Fnof demande donc la mise en place d’un vrai dialogue. Elle attend au préalable « des excuses à l’adresse des opticiens de France de la part des auteurs de cette convocation » et appelle ensuite à une réunion de concertation avec Jean-Marc Boisrond et Michel Charton, respectivement président du directoire et président du conseil de surveillance d’Itelis.

 

Des insuffisances dans le plan de formation du diplôme d’ophtalmologie

Le Syndicat national des ophtalmologistes de France n’est pas satisfait de la place laissée aux stages en cabinet libéral pour la formation des ophtalmologistes dans la réforme en cours du 3ème cycle des études médicales.
Il estime que le projet, déposé aux ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, est insuffisant et déconnecté de la réalité. Alors que 80% des ophtalmologistes sont appelés à exercer en dehors de l’hôpital, le plan de formation des internes prévoit que le stage en cabinet libéral soit facultatif en phase II (approfondissement des connaissances) et carrément exclu en phase III (consolidation des connaissances). Le docteur Thierry Bour, président du syndicat, indique : « Nous recommandons l’ouverture, d’ici 2019, de 150 lieux de stages en cabinet libéral en phase II de la future maquette du diplôme d’ophtalmologie, afin de désengorger les CHU tout en augmentant le nombre de places pour la spécialité ophtalmologie. Cela permettrait de former 225 ophtalmologistes par an, contre 150 aujourd’hui, et d’en finir avec la pénurie à l’origine des délais d’attente. » Cette organisation permettrait de « ne pas augmenter la pression sur les CHU, de préparer les internes aux particularités pratiques de leur futur exercice, tout en leur faisant découvrir d’autres lieux que l’hôpital, et enfin de former 50% d’ophtalmologistes en plus ». Le Snof estime que la maquette du Diplôme d’études spécialisées en ophtalmologie n’est pas moderne et est trop centrée sur les CHU. Pour le Docteur Bour : « En limitant drastiquement les possibilités de faire un stage libéral, la nouvelle maquette empêcherait de nombreux étudiants de devenir ophtalmologistes, tout en aggravant la pénurie sur le territoire, avec les conséquences que l’on connaît sur le délai d’attente pour un rendez-vous ».

Zéro délai d’attente pour les ophtalmologistes en 2022?

Le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF) a lancé une campagne Zéro délai en 2022. L’objectif est de rappeler que les délais d’attente en ophtalmologie ne sont pas une fatalité et appeler les candidats à l’élection présidentielle à s’engager sur ce sujet.
Selon le Snof, il suffirait d’augmenter le nombre d’ophtalmologistes formés en débloquant le numerus clausus de la spécialité, tout en continuant à développer la coopération entre ophtalmologistes et orthoptistes pour pallier au problème de délai de rendez-vous trop long.
Thierry Bour, président du Snof explique : « C’est une question de volonté politique. Il faut débloquer des postes d’internes en ophtalmologie pour remplacer les départs en retraite, et développer les coopérations entre ophtalmologistes et orthoptistes. Deux solutions par ailleurs plébiscitées par les Français ! ». Selon un sondage Yougov, près de 90% des Français déclarent que l’ophtalmologiste est le plus compétent pour dépister d’éventuels problèmes aux yeux. Les sondés sont opposés à l’idée qu’une personne n’ayant pas été formée en faculté de médecine, puisse effectuer un bilan oculaire ou rédiger une ordonnance de lunettes (68 %). Concernant l’augmentation du nombre de praticiens, le Snof indique que « La pénurie est entretenue artificiellement. Pour 250 départs à la retraite chaque année, seuls 150 nouveaux ophtalmologistes sont formés. Pourtant l’ophtalmologie est la spécialité la plus demandée par les étudiants en faculté de médecine. ». Par ailleurs, le développement du travail aidé est une priorité pour la profession. L’objectif est désormais de passer de 40 % d’ophtalmologistes en travail aidé aujourd’hui, à 80 % en 2025. Pour cela, il convient de mieux répartir les postes d’orthoptistes sur le territoire et de généraliser les stages d’étudiants orthoptistes en cabinets d’ophtalmologie libérale.