RAC Zéro: une réforme inefficace et incohérente selon Astérès

1500 magasins d’optique menacés, des fabricants français en danger, des millions de Français pénalisés. Une étude réalisée par Astérès pour le compte du Gifo (Groupement des industriels et fabricants de l’optique) pointe les incohérences de la réforme du RAC zéro pour l’optique. Elle souligne notamment qu’elle sera défavorable à une grande partie des Français et aux acteurs industriels de la filière.

La réforme RAC Zéro, devenue 100% Santé, devrait être mise en place en 2020. Promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron, elle regroupait trois objectifs : couvrir les dépenses de soins des plus démunis, attirer les personnes renonçant actuellement aux soins optiques et réduire le RAC de l’ensemble des personnes achetant des lunettes. Problème : aucune étude n’a été faite, en amont, sur les conséquences des mesures prises. A la demande du Gifo, Astérès s’est donc penchée sur les impacts économiques du plan 100% Santé. Eric Lefort, Vice-président du GIFO et Nicolas Bouzou, fondateur et dirigeant d’Asterès, ont présenté, ce matin, les principaux résultats de cette étude.

Consommateurs : une augmentation notable du reste à charge

Les gagnants de la réforme représentent annuellement, selon les hypothèses envisagées, environ 2,6 millions de porteurs. Parmi eux, les 1,4 millions de bénéficiaires de l’ACS et de la CMU-C qui pourront se tourner vers des équipements plus qualitatifs (en ce qui concerne les verres). Sont aussi concernés les 918 000 personnes renonçant aux soins pour raisons financières qui auront accès à un panier sans reste à charge. Par contre, une partie significative des porteurs va voir sa situation se dégrader. Il s’agit des assurés en contrat individuel dont les remboursements sont aujourd’hui inférieurs à ceux prévus par la réforme. Deux millions de personnes pourraient voir augmenter leurs cotisations assurance santé, puisque les ocams vont devoir mieux les rembourser. Enfin, 1,9 million de personnes non assurées sont ignorées par la réforme. Au total, 3,9 millions de porteurs parmi les plus démunis sont pénalisés. Les acheteurs du panier B (marché libre mais pour lequel le plafond de remboursement montures est de 100 euros), seront, eux aussi impactés : leur reste à charge devrait augmenter de 43%, à moins qu’ils ne préfèrent acquérir un équipement de qualité moindre que leur lunette actuelle, une fois tous les trois ans.

Opticiens : une baisse de chiffre d’affaires

L’impact dépendra du comportement des porteurs. Selon la part de consommateurs décidant de se tourner vers des montures à un prix inférieur à 100 euros, les opticiens pourraient voir leur CA baisser de 107 à 482 millions d’euros (de 2 à 10%). Les plus touchés seront les petits magasins situés dans les zones rurales et les petites communes. Astérès chiffre à 1 500 le nombre de magasins menacés avec la destruction de 2 390 emplois, si 100% des acheteurs se tournaient vers des montures à moins de 100 euros et que 30% des assurés choisissaient les verres du panier 100% santé. Si 75% des porteurs choisissaient des montures inférieures à 100 euros, 1 000 magasins seraient en difficulté et plus de 1 700 emplois détruits.

Fabricants : les lunetiers très impactés

Avec le plafonnement du prix des montures, ce sont les lunetiers qui devraient être le plus impactés. Néanmoins, le comportement des porteurs pourra également influer sur les fabricants de verres. Si l’acheteur souhaite un RAC identique à celui qu’il paye aujourd’hui, il pourrait, en effet, décider de conserver une monture au même prix qu’aujourd’hui avec des verres du panier 100% Santé. Dans ce cas, ce sont les verriers qui seraient impactés. Les tarifs imposés sur les montures vont particulièrement pénaliser les industriels Français. Astérès estime que 6 à 16% des emplois sont menacés (22% pour les fabricants de montures). Cette estimation est donnée a minima, car elle n’intègre pas la dimension de délocalisation : une partie des emplois sera conservée mais réallouée à l’étranger. La réforme favorise, en réalité, les importations. Plus elle aura du succès, plus la fabrication française va disparaître.

Organismes complémentaires : jackpot pour certains

Pour assurer un remboursement total des achats du panier 100% santé, les assurances et mutuelles vont devoir augmenter leurs dépenses de 99 millions d’euros. Par ailleurs, si les complémentaires acceptent de couvrir les remboursements du panier B autrefois effectués par l’assurance maladie, cela leur coûtera 174 millions d’euros. Au total, cela représente 273 millions d’euros. Mais ce sont les complémentaires fournissant les remboursements les plus faibles et ayant une part importante de contrats individuels qui supporteront la plus grande partie du coût. Les ocams fournissant les contrats collectifs seront, eux, favorisés. A l’inverse, la possibilité pour les assurés de choisir une monture du panier B et des verres 100% santé pourrait permettre aux complémentaires de faire des économies supplémentaires. En effet, les tarifs des verres du panier 100% Santé sont plafonnés et plus faibles en moyenne que ceux du panier B. Selon le nombre d’assurés faisant ce choix, l’économie pour les ocams peut aller jusqu’à 149 millions. De plus, le plafonnement du remboursement des montures à 100 euros pourrait générer une économie de 460 millions d’euros. Au total, les complémentaires sont les grandes gagnantes de la réforme avec une économie, selon le comportement des consommateurs, de 190 à 340 millions d’euros.

La réforme s’annonce donc inefficace économiquement. Elle va à l’encontre de l’objectif du Gouvernement et aura des conséquences graves sur la filière (destruction d’emploi, délocalisation…), mais aussi sur le pouvoir d’achat des Français. Elle va augmenter le reste à charge de la majorité des Français tout en augmentant les risque d’une baisse de qualité des équipements.

Le Rof propose d’allonger la durée de validité des ordonnances

Le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) propose d’allonger la durée de validité des ordonnances et de lancer de nouvelles expérimentations pour fluidifier le parcours de santé visuelle et améliorer le dépistage de pathologies.

Les rapports récemment publiés par la Cour des comptes et la Drees a mis l’accent sur la durée anormalement longue des délais de rendez-vous avec un ophtalmologiste. Une réorganisation de la filière visuelle est envisagée.

Le Rof souhaite une validité plus longue

Dans son rapport, la Cour des Comptes recommande de permettre aux opticiens diplômés d’un master de prescrire des primo-ordonnances afin de diminuer les délais de rendez-vous. Le Rof salue cette proposition et rappelle l’engagement pris par le Ministère de la Santé de porter la formation des opticiens au niveau licence (actuellement au niveau BTS). Concernant l’accès aux soins, le syndicat préconise l’allongement de la durée de validité de l’ordonnance. Actuellement, les opticiens peuvent renouveler un équipement correcteur et adapter la correction, dans le cadre d’une ordonnance valide pendant 5 ans pour les 16-42 ans et 3 ans au-delà. Le Rof propose de porter ces durées à 7 et 5 ans.

Les fabricants français de Morez et Oyonnax lancent un cluster

Comme l’an passé, un groupe de fabricants français de montures et de verres solaires, issus des bassins de production de Morez et Oyonnax, sont présents au Silmo. A cette occasion, ils lancent un cluster français de lunetterie.

Sur le stand (hall 5. Stand N054), le savoir-faire de ces fabricants est mis en avant avec notamment une vidéo à 360° tournée chez Thierry Caillat, opticien de l’année 2018.

Lancement du cluster lunetterie

Couronnant les efforts entrepris ces dernières années au sein des instances professionnelles pour restructurer la filière lunetière française, les fabricants (Decoracet, CTS, UNT, Thierry SA, Cemo/ Decovision, Lucal, Roussilhe, Optisun, Ellaps, Eugenio Cisneros et Dalloz Creations) lancent aujourd’hui à 18h00, un Cluster français de la lunetterie. Ce réseau d’entreprises vise à réorganiser le secteur de la fabrication de lunettes.

Ses objectifs :

–          unir les bassins industriels de Morez et d’Oyonnax pour, entre autres, promouvoir la créativité et la qualité des créateurs et marques françaises et l’excellence industrielle,

–          favoriser la formation dans ses métiers,

–          présider à la mise en place de règles éthiques pour la profession

–          disposer d’une politique commerciale et marketing pour assurer son développement, notamment à l’export.

 

Le Snof salue le plan santé

C’est par la voix de son président, le docteur Thierry Bour, que le syndicat national des ophtalmologistes de France s’est exprimé sur le plan santé, présenté en septembre par le Gouvernement.

« La plupart des mesures annoncées dans le cadre du Plan Santé vont dans le bon sens. Tout d’abord, la création d’un métier d’assistant médical se révèle tout à fait pertinente. Nous sommes, en effet, convaincus qu’une collaboration étroite entre médecins et autres professionnels de santé est l’avenir de l’organisation de toutes les spécialités médicales. D’autre part, la suppression du numerus clausus est une bonne chose à condition qu’elle permette de former des médecins là où il y a des besoins », explique Thierry Bour.

Des mesures pertinentes

Le Snof estime que la création d’un métier d’assistant médical est une mesure pertinente, car elle va permettre de recentrer le médecin sur son cœur de métier : le diagnostic médical et la thérapeutique. Il souligne, par ailleurs, que les ophtalmologistes pratiquent déjà la délégation de tâches depuis plus de quinze ans. Aujourd’hui, 60% des ophtalmologistes ont recours au travail aidé et le nombre de patients vus grâce à cette organisation a augmenté de 26% selon la CNAM.
Le Snof se félicite également de la suppression du numerus clausus, qui devrait permettre de former plus de praticiens dans les spécialités en pénurie, comme l’ophtalmologie. Selon le syndicat, cette spécialité a besoin de 240 postes par an pour faire face à la situation. En 2018, elle n’en a obtenu que 155. L’ophtalmologie est la spécialité la plus demandée par les étudiants.

Réforme 100% Santé : l’analyse de Carte Blanche Partenaires

La réforme RAC Zéro, appelée aujourd’hui 100% Santé, sera mise en place progressivement au cours des trois prochaines années. Carte Blanche Partenaires a livré son analyse de l’impact financier de la réforme sur les complémentaires.

Carte Blanche souligne que « Cette nouvelle offre sera prise en charge à 100% par la Sécurité sociale et les complémentaires santé. Ces dernières auront donc un rôle majeur dans la réussite de la réforme. » Elle prévoit que, pour les soins dentaires, la hausse de la base de remboursement de la Sécurité Sociale entrainera une hausse du Ticket Modérateur de 110 millions d’euros. Couplée à la prise en charge renforcée pour les « dents visibles », les remboursements supplémentaires devraient s’élever à 266 millions d’euros pour les complémentaires santé, selon elle. En audiologie, Carte Blanche chiffre l’augmentation à 647 millions d’euros en 2021.

70 millions d’euros supplémentaires en optique

Carte Blanche Partenaires estime que le panier « 100% santé » représentera 10% des ventes d’équipements et donc une hausse des remboursements des complémentaires. Selon elle, le désengagement de la Sécurité sociale sur les soins et équipements, hors panier RAC Zéro dans le panier libre, devrait contraindre les complémentaires santé à augmenter le montant de leurs remboursements. Là encore, une hausse des remboursements complémentaires est prévue à hauteur de 70 millions d’euros.

Deux mesures dangereuses pour la filière lunetière française

En parallèle, Carte Blanche se dit inquiète de l’impact de certaines mesures sur la filière lunetière française :

  • La limite du prix de vente des montures à 30 euros entraînera un accroissement des importations asiatiques et un abaissement de la qualité des produits.
  • L’abaissement du plafond de remboursement des montures de 150 à 100 euros entraînera un reste à charge nouveau pour les Français, et donc une baisse des ventes des équipements Origine France Garantie. C’est une menace pour les 1 000 emplois de la filière lunetière française (dont 500 situés dans l’Ain et le Jura).

« La vue, variable d’ajustement pour combler le trou de la sécu », selon le Snof

Le Syndicat National des ophtalmologistes de France (Snof) s’inquiète de la baisse de cotation de certains actes d’ophtalmologie essentiels dans le dépistage et le suivi de maladies potentiellement graves.

Le Snof dénonce une mesure dangereuse de la part des pouvoirs publics qui, en cherchant à réduire les dépenses de santé, jouent avec la vue des Français. Il alerte sur les risques concernant la réduction des cotations pour des actes ophtalmologiques comme l’OCT (tomographie par cohérence optique) ou l’opération de la cataracte. Cette décision aurait des effets désastreux sur la prise en charge de la santé des Français.

Une augmentation du RAC pour les patients

Les mesures envisagées par l’Assurance Maladie reviendraient, selon le Dr Thierry Bour, président du Snof, à favoriser une médecine à deux vitesses. Le secteur 1 serait, en effet, le premier à être impacté, avec à la clé un risque de disparition de la chirurgie de la cataracte en secteur sans dépassement d’honoraires. Les patients seraient alors contraints de se rabattre vers des praticiens exerçant en secteur 2. Ce qui impliquerait pour ses patients une augmentation de leur Reste à charge (RAC). Un résultat totalement incohérent, alors que le Gouvernement souhaite, officiellement, un meilleur accès aux soins et une diminution du reste à charge.

Des suppressions aberrantes

L’Assurance Maladie veut supprimer l’association de l’intervention de la cataracte et de l’acte d’antibioprophylaxie qui le suit.

« Cette mesure est un non-sens médical et économique ! » selon le Dr Thierry Bour. « Cet acte est d’une grande efficacité avec un coût modéré. Le comble est qu’il fait même l’objet d’une recommandation officielle de l’ANSM, est reconnu à l’international et a été autorisé par la même CNAMTS en 2011 ! Grâce à cette mesure d’antibioprophylaxie, nous sauvons les yeux de 1 200 patients par an de graves complications infectieuses post-opératoires. »

Le Snof dénonce donc une logique comptable qui ne résume la santé des Français qu’à une série de chiffres. Il appelle à la création d’un système de soins dans lequel tout le monde est gagnant (patients, médecins, assurance maladie) et où les patients sont bien pris en charge.

 

Reste à charge zéro, la filière optique mobilisée auprès des pouvoirs publics

Le 23 janvier marquait le lancement de la concertation « Améliorer l’accès aux soins – Reste à charge zéro ». Au coeur de ce dossier, les 10% de Français qui renoncent aux équipements d’optique et la problématique du reste à charge zéro. Pour trouver une solution, les pouvoirs publics ont fait appel aux professionnels de notre filière.

Autour d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et de Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, les professionnels de santé visuelle (ophtalmologistes, fabricants et opticiens) et les financeurs (assurances maladie obligatoire et complémentaire) étaient présents.

Les syndicats mobilisés

La filière était représentée par le syndicat des ophtalmologistes (le SNOF), les représentants des opticiens (la Fnof et le Rof/Snor/UDO) et le groupement des fabricants (le Gifo). Tous saluent la démarche engagée par Agnès Buzyn pour améliorer l’accessibilité aux équipements optique. Un véritable examen du fonctionnement de la filière visuelle est ainsi envisagé avec, à la clé, un renforcement de l’information des patients.  Et les professionnels de la filière ont des propositions.  « Nous avons identifié deux axes forts : le tiers payant généralisé, simplifié et un panier de soins responsable accessible à tous les Français, chez tous les opticiens, pour toutes les corrections. Nous serons attentifs à ce que cette réforme ait un réel bénéfice pour les populations les plus fragiles » précise André Balbi (Rassemblement des opticiens de France).
Le Dr Xavier Subirana (Snof) souhaite, quant à lui,  « que cette réforme s’inscrive dans le cadre du sujet plus large du parcours de soins et de l’accès aux professionnels de santé en amont. Les besoins vont considérablement augmenter dans les prochaines années du fait du vieillissement de la population et des changements de modes de vie, et nos travaux sur la prise en charge médicale doivent être poursuivis.»

Un reste à charge choisi plutôt que subi

Le panier minimum optique voulu par le ministère doit intégrer « les soins médicalement pertinents, la prévention, la qualité nécessaire des équipements – comme l’amincissement des verres notamment ». Les acteurs de la filière souhaite favoriser la définition de ce panier, mais aussi permettre aux assurés de choisir librement, et en toute transparence, leurs professionnels de santé, leurs prestations et leurs produits. D’où la notion de reste à charge choisi, mise en avant par les syndicats.

Jérôme Colin, président du Gifo (Groupement des industriels de l’optique), souligne le poids économique de la filière: « Notre pays dispose d’un formidable tissu de PME, TPE et de grands groupes dans le secteur de l’optique. La présence de Madame Delphine Gény-Stephann dans la concertation favorisera, nous le souhaitons, la prise en compte des potentiels impacts économiques et industriels. Il est fondamental que les produits d’innovation et de création françaises continuent à se développer, à s’exporter et à être proposés aux Français. Que la liberté de choix des consommateurs soit respectée».

Alain Gerbel, président de la Fnof (Fédération nationale des opticiens de France) conclue : « Il est nécessaire d’envisager la recherche d’efficience, d’équilibre, d’équité, dans un climat apaisé. Nous avons collectivement un rôle à jouer pour le bénéfice de tous les Français, dans l’écoute et le respect de nos métiers. Pour cela il faut intégrer tous les leviers et notamment celui de la réingénierie des diplômes. Nous y travaillons déjà »

Le zéro reste à charge inspire les organismes complémentaires

Alors que le Gouvernement compte mettre en place un reste à charge zéro en optique, les organismes complémentaires s’organisent. Si le réseau de soins Carte Blanche a réalisé une étude sur le sujet, la Mutualité Française a, elle, indiqué ses pistes de réflexion.

Carte Blanche sonde les Français


Le réseau de soins s’est intéressé à l’opinion des Français sur le reste à charge zéro en optique, dentaire et audioprothèse à travers une enquête réalisée par Odoxa. Selon cette dernière, plus de 9 sondés sur dix sont favorables à la création de ces offres. Logique puisque 73% des Français jugent que ces soins sont mal remboursés. D’ailleurs, selon Carte Blanche, près de 4 sondés sur dix ont décidé de renoncer totalement à des soins pour raisons financières durant les 5 dernières années. Interrogés sur les bénéficiaires du zéro reste à charge, les Français souhaitent à 71% que ces offres soient universelles sans distinction de revenu. Pourtant, 54% des Français ne croient pas qu’il soit possible d’allier qualité et remboursement complet, et 73% craignent une baisse de la qualité des équipements proposés.

La Mutualité Française réfléchit

En préambule du Conseil d’administration, Thierry Beaudet, président de la Mutualité Française, a estimé « qu’il fallait agir sur les remboursements, et sur les tarifs des dispositifs médicaux ». Le coût des équipements, jugé trop important, est donc une nouvelle fois pointé du doigt, avec une justification mainte fois entendue : le trop grand nombre d’opticiens augmente les prix des lunettes. La Mutualité Française propose donc d’allonger la durée des études des opticiens à 3 ans, en limitant les places et en renforçant les compétences en optométrie. Une baisse de TVA sur les verres (5,5% au lieu de 20%) est aussi envisagée. A l’inverse, en ce qui concerne l’audiologie, c’est une augmentation de nombre d’audioprothésistes qui est privilégiée ainsi qu’une révision de la nomenclature.
Autre proposition : un panier de soins « nécessaires et de qualité » sans aucun reste à charge. Proposé par les opticiens, audioprothésistes et dentistes, ce panier n’empêcherait pas les patients d’accéder au professionnel de santé de leur choix ou de choisir un équipement et un traitement supplémentaire… Ce qui est pourtant le cas actuellement.. Bien entendu, la Mutualité Française corrèle la mise en place de ce dispositif à une modulation de la fiscalité pesant sur les contrats des complémentaires santé. Elle indique que « Les complémentaires santé sont le premier financeur des dépenses en optique, dentaire et audioprothèse, l’assurance maladie remboursant peu ces soins ». Oubliant que les premiers financeurs de ces soins sont avant tout les assurés qui payent leurs cotisations.

Les opticiens s’organisent contre le lynchage médiatique

La profession est attaquée systématiquement dans la presse grand public depuis de nombreuses années. Excédés par ce lynchage médiatique, les opticiens ont décidé de réagir en créant un groupe Facebook, #justicepourlesopticiens.

Hors de toute velléité syndicale ou politique, le groupe veut faire entendre la voix des opticiens, professionnels de santé, qu’ils soient indépendants, sous enseigne, salariés, gérants ou propriétaires. Laurent Suin et Florent Robaut, à l’origine du mouvement, souhaitent interpeler aussi bien les clients, que les élus ou la presse locale. Leur objectif: provoquer de réels échanges, expliquer le métier et revaloriser ainsi l’image des opticiens auprès du public.

Des documents téléchargeables pour communiquer 

Sur la page du groupe, les opticiens peuvent trouver un sticker « Stop au lynchage médiatique » à coller sur leur vitrine ainsi qu’un texte téléchargeable intitulé « Les gens renoncent aux lunettes…Pas nous » et signé par « Les opticiens d’en bas ». Dans ce document,  constats et préconisations se côtoient avec des arguments simples et audibles de tous.
Car les auteurs ne se voilent pas la face, conscients qu’ils doivent « accepter leurs erreurs car s’ils n’ont pas été entendus, c’est peut-être qu’ils n’ont pas su parler ». Le texte, qui peut aisément être donné en magasin ou distribué de façon plus large,  revient sur les fondamentaux de la profession (le conseil, la santé), mais aussi sur le refus de transmission des données personnelles. Sans animosité, il différencie opticiens de santé et marchands de lunettes, tout en expliquant que ses deux métiers sont amenés à cohabiter, chacun ayant ses adeptes. Le document remet aussi les point sur les i sur certaines idées reçues et notamment le renoncement aux soins: non, celui-ci n’est pas du seul fait des opticiens et de leurs tarifs puisque la plupart d’entre eux proposent des offres de base à prix accessible. Enfin, un nivellement des remboursements par le haut est préconisé, ainsi qu’un niveau de prise en charge permettant la fourniture de produits conçus et fabriqués en France. L’accent est aussi mis sur le libre choix du porteur. En quelques jours, le groupe a déjà plus de 400 membres, le mouvement devrait s’amplifier rapidement.

 

 

Eyesroad poursuit son développement

Le GEIE (Groupement Européen d’Intérêt Economique) fête, cette année, ses 15 ans. Il continue d’innover avec notamment le lancement d’un nouveau service qui devrait ravir industriels et opticiens.

Eyesroad a toujours cherché à faciliter les échanges de données informatisés dans notre secteur. A partir de sa plateforme sécurisée, industriels et opticiens communiquent et échangent catalogues, commandes, bons de livraisons et factures.

Un groupement à l’écoute des professionnels
Opticiens et industriels ont, ces dernières années, exprimé leur souhait de partager les informations de ventes effectives afin de mieux identifier les tendances et d’augmenter la production de certains produits très demandés. Toujours à l’écoute des besoins de ses adhérents et utilisateurs, le Groupement a donc lancé lors du Silmo un nouveau service, le Sell Out qui permet cet échange sur les ventes. Par ailleurs, Eyesroad mise toujours sur ses formations connectées destinées notamment aux nouveaux utilisateurs des offres Liberté, Liberté+ et Autonomie.

Philippe Cellier, directeur général d’Eyesroad (photo), se félicite également de la communication mise en place par le groupement: « Nous communiquons sur nos actions à travers un blog et des lettres d’information trimestrielles auprès de 8 000 opticiens et 1 500 personnes parmi les industriels, centrales d’achats, enseignes, éditeurs de logiciel et distributeurs ». Le GEIE compte aujourd’hui 88 membres et 58 clients des offres Liberté et Liberté+. Plus de 10 millions de transactions de commandes ont transité via la plateforme durant les 12 derniers mois et près de 11 500 opticiens y sont connectés.

Pour plus d’informations: http://www.eyes-road.com/